Arrêts TGV : le maire de Ruffec prêt à descendre sur les voies

Charente Libre – Par Benoît CAURETTE, publié le .

Bernard Charbonneau et les partisans du TGV à Ruffec sont prêts à bloquer les voies comme en 2004 si les arrêts sont supprimés en 2017.

À croire que l’histoire du TGV à Ruffec est un éternel recommencement. Douze ans après le blocage mémorable des voies pour obtenir des arrêts grande ligne, le maire Bernard Charbonneau et les défenseurs du Ruffec-Paris sont prêts à remettre une manif sur les rails si, comme cela est envisagé, la liaison rapide décrochée de haute lutte saute à l’été 2017 après la mise en service de la LGV.

« Nous n’allons pas partir comme des fous tout de suite, veut rassurer le maire Bernard Charbonneau, nous avons déjà adressé une motion demandant le maintien de nos arrêts à Guillaume Pépy, le patron de la SNCF, et nous arrosons de courriers les parlementaires et différents décideurs. Le tout vient juste de partir. Nous entendons bien monter une délégation pour être reçus. Mais si rien ne bouge, oui, nous passerons à l’action spectaculaire. »

« Nous n’avons pas de chance, nous ne sommes pas sur le tracé de la ligne grande vitesse. Nous restons sur ce qui sera demain l’ancienne ligne, surtout réservée aux TER. »

La gare de Ruffec, zone de chalandise de 100 000 voyageurs potentiels pour la SNCF, doit donc en théorie perdre les deux arrêts TGV quotidiens du Bordeaux-Paris (l’un au départ le matin à 9h37, l’autre à l’arrivée le soir à 19h03) et ceux, complémentaires, du vendredi et du dimanche soir. Ce, alors que Jean Auroux, le médiateur de la LGV Tours-Bordeaux, « avait indiqué qu’il était tout à fait possible de maintenir les haltes. Finalement, on n’a pas tenu compte de son avis. »

Et pour Patrick Berthault, conseiller départemental de Boixe-et-Manslois rallié derrière l’étendard du maire de Ruffec, il y a là « une aberration: il ne faut pas oublier que les collectivités ont payé 27 millions d’euros pour le financement de la LGV, il est normal qu’en retour elles en attendent le maintien de services pour le territoire. »

« Pourquoi Libourne et pourquoi pas Ruffec? »

Selon Christophe Mauvillain, représentant du Front de gauche dans le nord-Charente, lui aussi mobilisé dans ce combat, il en va de « l’intérêt public: ces arrêts répondent à un vrai besoin, notamment de désenclavement. Les supprimer reviendrait à paupériser le territoire. » Avec l’appui des agents CGT de la gare, le parti a fait ses comptes: « Chaque semaine, on enregistre en moyenne 300 montées et descentes TGV à la gare de Ruffec. L’utilité et la pertinence de la liaison ne sont plus à démontrer. »

Courant mai, les usagers emmenés par Henriette Trimoulinard et Bernard Plichard se sont manifestés à travers une pétition qui a déjà recueilli plus de 250 signatures. Tous s’accordent à penser qu’une solution est possible.

« Puisque Libourne a obtenu que des TGV puissent continuer à circuler sur l’ancienne ligne jusqu’à Paris, nous demandons que ce train qui passera en gare de Ruffec s’y arrête. C’est aussi simple que ça, on ne voit pas pourquoi cela ne serait pas possible, d’autant que cela ne rallongerait pas la durée du trajet », râle Bernard Charbonneau.

Cela suppose que, dans un sens comme dans l’autre, le TGV en question circule sur l’ancienne ligne entre Bordeaux et Poitiers.

Or rien n’indique que ce train passera effectivement par Ruffec. S’il se veut aussi direct qu’annoncé, il sera logiquement amené à rejoindre la LGV à Villognon. Dans le cas contraire, la perte de temps sera en réalité inévitable.

Et pas sûr du tout que tous les usagers – au départ de Bordeaux ou de Paris – soient sensibles à l’argument des Ruffécois très disposés, eux, à ce qu’un train très rapide soit « sacrifié » dans « l’intérêt du territoire. »

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