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Train : un plan de relance pour la ligne Nantes-Bordeaux

Article paru dans Sud-Ouest le 10 février 2011

Les résultats de l’étude diagnostic sur la ligne ont été présentés au comité de pilotage, dont les co-financeurs. Tout le monde prêche pour la relance.

L'Intercités Nantes-Bordeaux de passage hier à Angoulins. Photo Xavier Léoty

L'Intercités Nantes-Bordeaux de passage hier à Angoulins. Photo Xavier Léoty

On la croyait moribonde. Sacrifiée sur l’autel du tout TGV et la voilà qui s’apprête à renaître. La ligne ferroviaire Nantes-Bordeaux fait, depuis quelques mois, l’objet d’une attention toute particulière. Comme si les années noires, celles où de lourds nuages pesaient sur son avenir après qu’ont été abandonnés des trains de jour et des trains de nuit, des arrêts, après qu’ont été fermées des gares la nuit au nom de la sécurité.

La menace de disparition complète de cette ligne, jadis internationale puisqu’elle reliait la Bretagne à Vintimille, était bien réelle. Les cheminots furent les premiers à s’en émouvoir en manifestant en gare de Bordeaux ou Nantes (2004). Et les usagers n’ont pas tardé à suivre en s’organisant en association. La création récente de l’Association pour la promotion de la ligne Nantes-La Rochelle-Bordeaux (lire ci-dessous) est un exemple, parmi d’autres, de ce sursaut.

Et les pouvoirs politiques s’en sont émus. Les régions Pays-de-Loire, Poitou-Charentes et Aquitaine, les départements de Charente-Maritime et de Vendée ainsi que la Communauté d’agglomération de La Rochelle ont demandé à l’État et RFF (1) une étude diagnostic de l’axe Nantes-Bordeaux. Une sorte d’état des lieux avant d’envisager une vraie relance.

>40 km/h sur le pont

« On a le sentiment que tout était fait, ces dernières années, pour décourager les usagers de prendre ce train : inconfort, lenteur du trajet, horaires inadaptés et trop faible fréquence. La SNCF avait beau jeu de dire que la ligne n’était pas rentable. La demande était en baisse parce que l’offre était inadaptée », commente Denis Leroy, vice-président de la Communauté d’agglomération chargé des transports. Pour avoir été l’un des artisans, aux côtés de la Région, de la création de la liaison cadencée entre Rochefort et La Rochelle, l’élu est un fervent partisan des transports alternatifs et notamment du rail.

Il participait, jeudi, à La Rochelle, à la réunion de restitution de l’étude aux côtés de tous les co-financeurs. « J’ai ressenti une réelle volonté de tous les partenaires d’aller enfin de l’avant dans la modernisation de la ligne. »

Confirmation d’Yvan Martin, de Réseau ferré de France, qui faisait office de maître de cérémonie : « Nous sommes parvenus à une communauté de points de vue sur la nécessité de préserver cette ligne et la développer. La démarche est engagée. Nous n’ignorons pas que certains secteurs de l’infrastructure sont en très mauvais état. Notamment entre La Roche-sur-Yon et La Rochelle. C’est là qu’il va falloir travailler. »

Un point noir notamment : le pont de la Bretonnière au sud de la Roche-sur-Yon que le train ne peut franchir qu’à… 40 km/heure en raison de l’état du pont. Résultat : on met aujourd’hui un quart d’heure de plus pour relier Nantes à Bordeaux qu’en 1973. Bonjour le progrès !

« Que les choses soient claires : ce ralentissement est destiné à préserver l’ouvrage, donc la ligne. Pour l’heure, il n’est pas envisagé d’investir dans un nouveau pont », précise Yvan Martin.

Nantes-Bordeaux : 220 M €

On l’aura compris. Tout est affaire d’argent. Pour gagner huit minutes de trajet sur le quart d’heure perdu depuis 37 ans, il faut compter 50 millions d’euros sur le seul tronçon La Roche-sur-Yon-La Rochelle : moitié pour modifier la signalisation, moitié pour refaire la gare de Marans.

Quant à la modernisation de la totalité de la ligne entre Bordeaux et Nantes, elle est évaluée à 222 millions d’euros. RFF se tourne donc naturellement vers les collectivités territoriales concernées pour l’aider à investir dans cette opération. On n’en est pas encore au tour de table, mais la locomotive redémarre doucement vers la redensification de cette ligne : « Je pense que les TER ont remis les gens dans le train. Ils y ont pris goût », estime Denis Leroy, qui s’appuie sur la réussite de La Rochelle-Rochefort.

« Avec la densification démographique du littoral, la hausse du prix du pétrole, la demande de desserte ferroviaire adaptée se fait plus forte, que ce soit en cabotage, en déplacements d’affaires entre les capitales régionales comme Nantes, Bordeaux ou Toulouse ou en liaisons internationales. Il nous reste à connaître le service idéal. »

Prochain rendez-vous entre les décideurs en juillet.

(1) Réseau ferré de France.

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