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Le prix de la route

Paru dans Centre Presse du 24 octobre 2001

Mauricette Ringuet, présidente de l’association des usagers des transports en commun Poitou-Charentes :

« Deux courriers des lecteurs ont particulièrement retenu mon attention dans votre dernière édition : «le carnage sur les routes» «et la gare oui, multimodale non». Denis Joyeux a tout à fait raison lorsqu’il parle de la conduite de certains de nos concitoyens, il y a plus de morts sur nos routes depuis 50 ans, qu’en a fait la guerre. Cela représente un milliard de perdu dans les caisses de l’Etat !! (…) Sans oublier les familles meurtries et les vies brisées.

Les tramways départementaux ont été supprimés parce qu’ils devaient se suffire à eux-mêmes, pas question de les subventionner. La route était mieux, moins onéreuse, plus confortable… Nous avons payé des routes et le transport est aujourd’hui le deuxième budget départemental depuis cette époque, nous avons tout basculé sur la route, à tel point que dans bien des endroits, il est dangereux d’être piétons ou cyclistes (en rase campagne pas de bas côté pour piétons) ce sont bien souvent des orties, de la boue ou des fossés, en ville ce sont les trottoirs aménagés pour les voitures mais pas pour les poussettes des jeunes enfants ni pour les fauteuils roulants des personnes handicapés. Tandis que le transport scolaire ne s’arrête plus dans certains endroits pour ne pas présenter de gêne pour la circulation (la Gruzalière, Iteuil).

Oui, il serait tant de redonner du souffle aux transports économiques d’espace et d’énergie. Mais je crains que, hélas, nos élus choisissent la voie routière express Nantes-Poitiers-Limoges plutôt que les travaux de réfection, de modernisation et d’électrification de la ligne ferroviaire Nantes-Poitiers-Limoges. La ligne est en état de Nantes à Cholet, la plate-forme existe toujours.

Quant à Jacques Béchaud, il confond la gare multimodale destinée aux voyageurs, et les plates-formes destinées au service fret, qui bien évidemment n’ont pas leur place à la gare de voyageurs à Poitiers. Une plate-forme existait à la Crèche, elle a été fermée en 1994, celle de Cognac en 2000, il reste celle d’Angoulême concernant le Poitou-Charentes. La plus importante de l’Ouest est celle d’Hourcade, on ne peut que regretter que le transport de fret ne soit pas plus développé.

La demande de transport de transit devrait augmenter considérablement dans les années qui viennent. Pour développer le fret ferroviaire, il faut exploiter toute la panoplie des techniques disponibles, il faudrait moderniser les voies ferrées secondaires, ce qui permettrait de faire circuler du fret par Saumur-Niort-St Jean d Angely, voir rouvrir Cholet – Poitiers, pour un Quimper – Nantes Poitiers – Limoges.

En 1999,1er combiné à représenter 25 % du fret SNCF et 35 % de son trafic international. Il remplace environ 1,5 million de circulation de camions par an. Cette activité est coûteuse et l’État subventionne la SNCF (600 millions de Frs par an) Subvention justifiée : car les accidents et les nuisances évitées parle combiné auraient coûté 2 milliards de Frs à la collectivité. »

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